Régénérons les déserts grâce aux animaux !

Je lis actuellement le livre “Holistic Management”(gestion holistique) d’Alan Savory. Pour lui, nous devons définir une qualité de vie, c’est à dire qui sont les décideurs importants dans notre communauté (ou dans notre vie), qu’es ce qui nous fait sortir du lit le matin, et qu’es ce qu’une belle vie. Ensuite, nous pouvons définir quelles ressources nous aurons besoin dans le futur pour répondre à cette qualité de vie. Nous agissons ainsi dans ce qu’il appelle un contexte holistique très ancré dans les réalités sociales, écologiques et économiques.

Plus concrètement, il explique dans ce livre comment nous pouvons régénérer les environnements “fragiles” (brittle en anglais), arides et désertiques en planifiant un pâturage dynamique des animaux. On reproduit ainsi le déplacement des troupeaux de ruminants par leurs prédateurs dans leur état naturel avant la domestication de ces animaux par l’homme.. Ce n’est pas ce qu’on vous dit dans le film Cowspiracy !

Une des causes principales de désertification est le sur pâturage des animaux , c’est à dire une concentration trop élevé sur une même surface.  Cependant on se rend compte que laisser le désert tel qu’il est sans animaux, ou bien  sous pâturer (peu d’animaux sur une grande surface) conduit au même conséquence qu’un sur pâturage, c’est à dire la désertification. Oui, si on ne fait rien pour régénérer les déserts, ils resterons ainsi pendant des milliers d’années. La solution la plus efficace pour reverdir les environnements arides (2/3 de notre planète); c’est de concentrer les animaux sur une plus petite surface pendant un temps court et de les déplacer régulierement. Dès les deux premières années, l’herbe revient grâce à une bonne gestion des pâturage, et la fertilisation par les animaux. L’eau s’infiltre ainsi beaucoup mieux dans les sols et on peut ensuite envisager une plantation d’arbres si le milieu est plus adapté aux arbres qu’à l’herbe.

Un exemple incroyable d’une plantation d’arbres inutile : Abu Dhabi a dépensé 30 MILLIARDS de dollars pour planter des arbres dans un environnement qui est plus adapté à la prairie. Ces arbres vont sûrement mourir vu les conditions météorologiques inadaptées à leur survie : tempêtes de sable, et peu de pluviométrie.

Ces savanes sont des milieux dégradés par l’homme et elles n’ont pas la capacité de redevenir des forêts par elle même, tout du moins à la vitesse où l’on peut le souhaiter. Nous devons accélérer la succession écologique de ces milieux (développement du système vers un stade forestier) en gérant bien le pâturage des animaux dans un premier temps puis en semant des arbres (ou bien en laissant les graines disséminés par les fientes des animaux germer.).

Cet article a pour but de remettre en question notre vision du monde et notre rôle sur Terre. Soutenir ces pratiques là me semblent la meilleure des solutions dont nous disposons à notre échelle, ou bien même expérimenter la régénération dans les milieux où il y en a besoin. Dans les milieux tempérés humides (et de manière plus prononcé sous les tropiques), laisser la nature faire semble la méthode la plus efficace pour produire en abondance, il faut plutôt se concentrer sur le semi de plantes pérennes,  l’ entretien des chemins et la gestion du pâturage s’il y en a.

Allons comprendre pourquoi nous cherchons à contrôler la nature et les “friches” (apparemment improductives) en France, tout cela pour une question d’esthétique ou de ne pas se laisser envahir. Il s’agit juste d’un changement de perception de la nature, je trouve beaucoup plus beau la régénération naturelle et spontanée d’un milieu ouvert (prairie) vers un système semi forestier multiétagé densifié et diversifié  par rapport à une prairie tondue chaque année. C’est surtout que lorsque l’on orchestre ce processus de régénération avec des techniques simples de multiplication végétale, on peut obtenir un système ultra productif pour nous et pour les animaux. Pour conclure on pourrait quitter la France,  notre environnement se porterait bien mieux sans nous. Cependant dans les terres arides du monde, la nature a besoin de  nous pour revivre et nous nourrir. Il existe une interdépendance très forte entre les animaux et les plantes dans leur état naturel. Chaque prédation a un sens puisque les plantes (et les animaux) sont adaptées à ce type d’attaque ponctuelle tout en maintenant la survie de leur espèce.

Plus d’information sur le PTD si dessous.

Paturage tournant dynamique

La paturage tournant dynamique signifie la mise à l’herbe des animaux avec une rotation quotidienne. C’est un français André Voisin qui a décrit cela dans son livre La productivité de l’herbe. Actuellement, les éleveurs néo zélandais sont les premiers exportateurs mondiaux de viande de moutons grâce à cette méthode. On concentre les animaux sur une plus petite surface afin qu’ils soient en troupeau (comme dans la nature) et qu’ils mangent toutes les herbes à leur disposition, pas seulement celles qu’ils préfèrent. Tous les jours, ils ont un nouveau « buffet de crudités » (Livre « Salad Bar Beef » de Joel Salatin. Cette gestion permet une régénération de l’herbe au fil des années, car les graminées sont broutées à un stage où elles ont au minimum 3 feuilles. La plante a assez d’énergie pour repousser rapidement car elle est dans un stade évolutif (ni trop jeune, ni trop vieux).

Pour cela on détermine le nombre de vaches par exemple que l’on souhaite faire pâturer sur une journée sur un hectare par exemple. En France, les éleveurs  pratiquant le pâturage tournant dynamique ont 50 vaches-jour/hectare. Certains font suivre environ 20 génisses (jeunes vaches) derrière les premières vaches qui auront pâturé. Elles mangeront ce qu’on appelle les rejets, les plantes moins appetantes.

Et cette information est importante ! Chez la plupart des éleveurs, on laisse les vaches sur un grand espace, ce qui provoque soit un sur paturage (trop paturé) soit un sous paturage (pas assez). Les herbes qu’elles n’aiment pas se ressèmeront, et petit à petit on crée des déserts.

Le nombre de paddocks nécessaire varient selon la saison et la repousse de l’herbe. En France, il faut compter environ 25 paddocks au printemps (c’est-à-dire 25 jours à l’herbe pour retrouver son stade 3 feuilles), et en été jusqu’à 40 paddocks, voir 50 en cas de sécheresse. Il faut donc prévoir des paddocks de production de foin, dans l’objectif de les minimiser au maximum. On peut aussi compter sur les arbres fourragers très bénéfiques au troupeau.

Aux Etats Unis, Joel Salatin arrive à mettre entre 200 et 400 vaches-jour/hectare, tout en gardant une productivité d’herbe très élevé et diversifié.

 

Initiation à la permaculture le 8 et 9 septembre 2018 Ô Jardins d’Or

Suite à une superbe plantation d’arbres lors de la dernière formation en mars,  et la réalisation d’une platebande potagère en avril avec mon assistante préféré Violaine Herisson, je suis heureux de vous accueillir le 8 et 9 septembre 2018.

Retour d’une participante : “Benjamin est un passionné des arbres et a beaucoup de connaissances en permaculture. L’ambiance est très sympa et on applique directement les principes étudiés en cours dans le magnifique Ô Jardin d’or à côté! Belle énergie”

La structure de formation est inspirée de la Regrarians Platform® de Darren Doherty; designer de 2000 fermes dans le monde entier.

Module 1 : Samedi matin :

1. Climat : Historique de la permaculture et de l’agriculture regénérative, définition du projet, alimentation, santé, visite du jardin

Module 2 : Samedi après midi :

2. Geographie : Keyline Design, Lecture cartes topographique, Etude de terrain et de sols

3. Eau : Captage, purification, stockage, stratégies

Module 3 : Dimanche matin :

4. Accès : Construction d’une route, design des chemins, patterns

5. Agroforesterie : 7 strates de cultures, système animaliers, greffe, semis, boutures, marcottes, taillis, tétard

6. Bâtiment :Ossature bois, petits habitats fixes ou mobiles

Module 4 : Dimanche après midi :

7. Clotûres : Haies vivantes, cloture électrique, cloture fixe

8. Sol : Paturage tournant dynamique, engrais vert, potager mulché, engrais vert

9. Economie : Nouvelle forme d’économie, agriculture résiliente

10. Energie : Technologies appropriées, Rocket stove, bois énergie

Et bien d’autres sujets…

N’hésitez pas à me joindre au 06 31 34 49 58 ou par mail Barrbenjamin@protonmail.com

Le tarif conseillé pour la formation est de 90 euros(+ entre 1 euro d’adhésion à l’association Ô Jardins d’Or)!  Le tarif étudiant est à partir de 70 euros. Le tarif journée est à 45 euros, le module est à 25 euros. J’ai décidé de faire prix libre pour les personnes qui n’ont pas les moyens de faire la formation ou qui n’ose pas sauter le pas vers la permaculture. On rentre dans une relation où vous savez que l’argent que vous allez me donner sera utilisé de manière éthique et créative. Vous pouvez aussi payer en plusieurs fois.

Chacun ramène quelque chose à partager le midi (bio,local dans l’idéal!) Nous cueillerons ce que la nature nous offre. Les horaires sont de 8h45 à 18h30 pour les deux jours. Prévoyez des affaires de pluie au cas où, il y a des bottes au jardin pour les travaux pratiques, mais vous pouvez amener vos chaussures de jardin.

Par les transports : bus 22 ou 23 depuis la gare de Vaise, arrêt Eglise de Saint-Didier, puis marcher 50 mètres en direction de l’église, tourner à gauche et descendre le chemin des Roteaux (à gauche de Cerise et Potiron). Au bout de 100 mètres, tourner à droite rue du vieux bourg, 100 mètres tout droit, vous êtes arrivés sur la place Léonard Peyrat !